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Portal Path Core Analyses du marketing des destinations

Carnet ·

Ce que les offices disent vraiment de l’arrière-saison

Camille Hervier

Crêtes montagneuses dans une lumière d’arrière-saison

En juin, les bureaux d’offices de tourisme de l’Est parisien et du littoral picard préparent déjà les visuels de septembre. Les dossiers que nous lisons depuis trois saisons répètent les mêmes trois arguments : lumière rasante, tables encore ouvertes, sentiers moins fréquentés. Aucun de ces arguments n’est faux. Presque aucun n’est situé.

Une destination d’arrière-saison crédible nomme ce qui reste ouvert et ce qui ferme. Elle dit le dernier bac, le marché qui passe au mercredi, la maison d’hôtes qui n’accepte plus que le week-end. Le visiteur de proximité, celui que l’on courtise depuis 2020, connaît déjà la « douceur ». Il cherche un horaire.

Nous avons relu vingt-deux campagnes « septembre-octobre » d’offices franciliens, normands et bourguignons. Celles qui tiennent distinguent deux publics : le randonneur d’un jour, qui part de la gare, et le couple qui réserve deux nuits. Mélanger les deux dans la même phrase produit un catalogue, pas une saison.

Le marketing touristique des destinations n’a pas besoin d’un nouveau mot pour l’automne. Il a besoin d’admettre que l’arrière-saison est une offre plus étroite, et de l’écrire comme telle. Moins de superlatifs, plus de calendrier : c’est souvent la seule correction qui change une affiche.

Si votre territoire vend encore « l’authenticité hors des foules » sans dire où se gare-t-on un dimanche de Toussaint, la note d’analyse commencera par cette phrase. Le reste — ton, photographie, choix de marchés — s’ordonne ensuite.