Lire une campagne d’attractivité comme un visiteur
Une campagne d’attractivité se juge à la première image que le visiteur peut vérifier. Si vous montrez une grève à six heures du matin, dites l’heure. Sinon la photographie devient une ruse, et le marketing des destinations y perd plus qu’il n’y gagne.
À Paris comme en province, les films territoriaux accumulent les plans aériens. Le visiteur, lui, arrive en gare ou par l’autoroute. La première preuve n’est pas le drone : c’est le chemin jusqu’à l’office, la clarté des horaires, la présence d’un banc à l’ombre.
Lorsque nous auditons un discours, nous imprimons les pages d’accueil et nous les lisons dans le train. Les phrases qui survivent à ce trajet sont rarement celles votées en commission. Elles nomment un lieu, un jour, un geste.
Lire comme un visiteur, ce n’est pas « se mettre à la place du client » en réunion. C’est accepter que le visiteur n’a aucune raison de connaître le nom de votre schéma de cohérence territoriale. Il a une valise, un enfant, et vingt minutes pour décider s’il descend à la prochaine.
Les destinations qui tiennent cette lecture n’ont pas toutes un gros budget. Elles ont souvent une personne qui relit les textes après les élus, et qui a le droit de rayer « exceptionnel ».