Marchés de proximité : le piège du « restez près de chez vous »
Le marché de proximité a sauvé des saisons. Il a aussi produit un langage paresseux. « Redécouvrez d’à côté » ne dit plus rien à une Francilienne qui a déjà passé trois week-ends dans le même massif forestier, avec les mêmes files au parking.
Une destination de proximité sérieuse change d’angle : elle vend un horaire (le vendredi soir), un motif (un musée qui ouvre exceptionnellement), une contrainte assumée (pas de restauration le lundi). Elle cesse de parler d’évasion. L’évasion, à quarante minutes de Meaux, sonne faux.
Nous comparons souvent les campagnes d’Île-de-France avec celles des métropoles lilloise et lyonnaise. Là où le texte mentionne le RER, le car ou le dernier métro, le taux de demandes à l’office — nous disent les équipes — se tient. Là où l’on reste dans le lyrisme du « poumon vert », les messages s’empilent sans suite.
Le piège n’est pas d’aimer le visiteur proche. C’est de le traiter comme un touriste lointain à qui l’on raconte le territoire pour la première fois. Il habite ici. Il veut savoir si le sentier du fort est encore boueux.
Avant la prochaine saison de proximité, sortez de vos dossiers les trois arguments déjà utilisés deux années de suite. S’ils tiennent encore, datez-les. S’ils ne tiennent plus, la veille comparative sert précisément à voir ce que d’autres bassins ont osé retirer.